DICTIONNAIRE PRATIQUE DES ENTREPRISES FAMILIALES

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CONFLIT(S)

LIGNES DE REFLEXION

Les conflits familiaux sont très nombreux, et par capillarité resurgissent sur l'entreprise qui n'en a pas besoin dans son activité, conduisant souvent à une démotivation du personnel, une baisse de productivité, des démissions de personnes importantes, etc. Les conflits ne sont pas tous ouverts. Ils sont latents, peuvent durer des années, prendre leur source sur des points que l'autre partie aurait oublié ou considéré comme mineurs. Et d'un seul coup la boite de Pandore s'ouvre. Pour une goutte d'eau, le vase déborde certes et se brise également. Quand le personnel d'une entreprise familiale est pris en étau, indirectement, les dégâts sont considérables, à la fois sur le plan commercial, financier et sur le climat social.

Une situation pré-conflictuelle simple en apparence, qu'un tiers extérieur pourrait prétendre à résoudre par le recul qu'il aurait, deviendrait rapidement compliquée car les esprits ne deviennent plus rationnels. Le stade suivant est celui de la complexité, puis malheureusement, parfois irréversible, celui du « chaos », où les limites ont été franchies et où chaque individu se renferme encore plus dans des positions tranchées, souvent contre l'intérêt évident personnel ou collectif, dans des décisions absurdes et irrationnelles. L'on a une échelle dans la gestion des conflits qui n'est pas proportionnelle ou progressive mais "exponentielle".

Les conflits ne sont jamais agréables ni faciles à désamorcer. Nous voyons souvent des situations pré-conflictuelles qui se sont temporairement calmées, puis qui resurgissent bien plus forts au moment le moins opportun, quand l'entreprise est affaiblie et n'a plus les moyens financiers, organisationnels, commerciaux de faire face. Anticiper est nécessaire, même si l'écrire est plus facile qu’agir. Cela est pourtant fondamental. Le cycle du conflit est une sinusoïde, alternant des phases plutôt consensuelles et d'autres à l'opposé, conduisant à une perte de temps, de moyens, d’efficacité et d'énergie considérables, générant par ailleurs des tensions dans le couple, et l'on imagine comment l'entreprise et la famille pâtissent ensemble des problèmes d'actionnaires.

Nous n'abordons pas ici les situations de divorce du dirigeant, sauf à retenir que là aussi le passage de l'état de divorce à celui complexité chaotique de gestion de l'argent issu de l'entreprise devient incontrôlable et souvent indécent ou irresponsable (i.e. des prestations compensatoires en complète disproportion). Un dirigeant qui divorce, c'est presque deux à trois ans perdus pour l'entreprise.

LIGNES D'ACTION

. Ne jamais oublier que les familles se déchirent souvent pour de l'argent, ce qui est très destructeur socialement. L'argent doit donc être équilibré et compris dans ses enjeux, une force et non une tension éventuelle. Cela se dit, s'apprend et se contrôle.

. Utiliser les techniques de résolution alternative des conflits par des médiateurs (et non pas forcément par voie judiciaire), et ne jamais rester seul. Cela est difficile d'en parler à un tiers, mais l'on peut gagner un temps et une énergie considérables.

. Faire de vraies assemblées générales où tout le monde puisse s'exprimer, voter et garder les décisions prises. Le dialogue est important.

. Anticiper les volontés individuelles par une écoute ouverte et un bon questionnement.

. Garder une réserve financière (personnelle/professionnelle) pour des sorties éventuelles de minoritaires.

LIGNES DE PRUDENCE (points à éviter)

. Ne pas être très préparé sur les sujets juridiques et financiers (donc préparer avec un bon avocat les sujets du conflit).

. Différer les problèmes (même s'il n'est jamais agréable de les voir au grand jour et/ou de les exprimer), parce qu'après ils prendront vite de l'ampleur. Ce point est essentiel.

. Ne pas confondre médiation avec négociation ou compromis tacite.

. Un ami, une relation proche que l'on pense neutre pour intervenir aura toujours un prisme partisan par l'autre partie.

LIGNES OPERATIONNELLES

. L'avocat est la première personne idéalement placée pour y voir clair, mais ensuite cela peut être de la confrontation entre avocats et dépasser le conflit lui-même. Les médiateurs indépendants, hors ceux nommés par les tribunaux, sont assez rares mais existent car leur champ d’intervention n’a pas une base  technique mais davantage humaine.

. S'inscrire dans une démarche de résolution des conflits en anticipant les volontés de l'autre partie pour être dans le même discours, le même système de valeurs.

. Connaitre ses vraies limites d'acceptation du conflit, avec le plus d'objectivité. Et avoir du courage.

. Il peut y avoir dans certaines familles plus grandes un "conseil des sages".


CONTRIBUTIONS COLLABORATIVES

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© 2014-2017 Finadoc Actionnal (COSALE - RCS Lille Métropole) - François Almaleh